Les Merveilles de la science/Bâtiments cuirassés - Supplément par Louis Figuier

Les Merveilles de la science/Bâtiments cuirassés - Supplément

Titre de livre: Les Merveilles de la science/Bâtiments cuirassés - Supplément

Auteur: Louis Figuier


* You need to enable Javascript in order to proceed through the registration flow.

Louis Figuier avec Les Merveilles de la science/Bâtiments cuirassés - Supplément

SUPPLÉMENT
aux
BATIMENTS CUIRASSÉS
(LES BATIMENTS CUIRASSÉS, LES CROISEURS ET LES TORPILLEURS)
CHAPITRE PREMIER
considérations générales. — les transformations de notre marine militaire depuis 1870 jusqu’à ce jour. — augmentation de l’épaisseur des cuirasses. — les chaudières et les machines à vapeur, leurs modifications. — transformations de l’artillerie de marine. — état actuel de l’artillerie de marine, en france et à l’étranger.
Depuis 1870, les navires de guerre ne se sont pas moins modifiés que les paquebots à vapeur et les navires de commerce. Dans leur construction, on a renoncé à l’emploi du bois, pour adopter, successivement, le fer et l’acier. Les cuirasses de fer, destinées à protéger les navires contre les boulets ennemis, ont augmenté d’épaisseur et d’étendue, au fur et à mesure que l’artillerie accroissait sa puissance ; la vitesse des navires s’est élevée dans des proportions considérables ; enfin, de nouveaux types de ces navires de guerre ont été créés, parmi lesquels figurent surtout les croiseurs rapides et les torpilleurs.

C’est cette transformation de notre marine militaire que nous avons à décrire ; mais il faut, auparavant, expliquer dans quelles conditions et pour quels motifs cette évolution s’est produite, et faire connaître l’état actuel de notre artillerie de marine, dont les progrès ont été si considérables ; ce qui a eu d’importantes conséquences pour la forme, le revêtement métallique et l’armement de nos grands cuirassés. Nous classerons ensuite les divers types de bâtiments qui entrent dans la composition de notre flotte de guerre, et nous étudierons tour à tour ces divers types.

Après une étude particulière des torpilles et des navires, ou bateaux torpilleurs, puis des nouveaux bateaux sous-marins, nous terminerons en faisant connaître les forces navales militaires des diverses nations des deux mondes.

Dans notre Notice sur les Bâtiments cuirassés, des Merveilles de la science[1], nous avons suivi pas à pas les transformations successives qu’a reçues, dans notre siècle, la marine de guerre, non seulement en France, mais en Europe et en Amérique, et nous avons signalé, depuis la guerre de Crimée jusqu’en 1870, deux phases distinctes de cette évolution vers le progrès : d’abord la substitution de la vapeur à la voile ; puis, l’apparition de la cuirasse de fer et du gigantesque éperon des navires. Nous avons décrit les deux types alors les plus récents de la flotte cuirassée française, c’est-à-dire la frégate cuirassée le Marengo, et la corvette cuirassée l’Alma, construites en 1865.

Notre flotte militaire aurait pu jouer un rôle dans la guerre de 1870-1871. On sait, toutefois, que son intervention y fut presque nulle. Sans doute, nos marins débarqués déployèrent le plus brillant courage, soit en défendant une grande portion de l’enceinte de Paris assiégé, soit en prenant une part importante aux combats livrés par l’armée de la Loire. Mais sur mer, aucun fait militaire n’est à signaler. On ne peut que citer la rencontre qui eut lieu, près de la Havane, entre un petit croiseur français, le Bouvet, et une canonnière prussienne, le Meteor.

On parla beaucoup, à la vérité, d’une expédition à tenter contre les côtes septentrionales de la Prusse, mais elle ne fut pas exécutée. C’est que nous ne disposions que d’un nombre tout à fait insuffisant de bâtiments cuirassés à faible tirant d’eau, et que les grands cuirassés, comme le Marengo et le Solferino, ne pouvaient être d’aucun secours pour un débarquement, ou même pour un bombardement à courte distance. Certes, si l’escadre française avait pu, le jour même de la déclaration de guerre, c’est-à-dire le 16 juillet 1870, cingler vers la mer du Nord, elle eût facilement détruit les trois vaisseaux cuirassés de l’escadre prussienne, qui s’étaient réfugiés à l’embouchure de la Jahde. « Mais, comme le dit l’amiral Bourgeois, on discutait, dans les conseils du gouvernement, la nomination du commandant en chef de l’escadre du Nord,..